South Park : The Fractured But Whole

South Park : The Fractured But Whole

Obsidian cède la place à Ubisoft pour le développement de ce dernier opus, et j’ai envie de dire qu’on ne voit pas la différence. C’est South Park avec la même patte graphique, le même système de jeu ainsi que quelques subtilités supplémentaires, mais sans la shitstorm autour de la censure sur console ; eh oui, il n’y a pas d’avortement à réaliser avec un QTE, bien que la clinique soit toujours là. Mes petits loutrons, effectuons ensemble une coloscopie de cette oeuvre complètement débile. C’est parti !

 

Rapide pitch du jeu. South Park : L’Annale du Destin nous plonge avec le Coon et sa bande dans une ville de South Park envahie par le crime. Le groupe de justiciers est formé par Eric Cartman, dont l’alter-égo super-héros est le Coon. Dans le rôle du Nouveau, nous ferons équipe avec, entre autres, Mysterion (Kenny McKormick), Boîte à Outils (Stan Marsh), l’Homme Cerf-Volant (Kyle Broflovski), le Moustique (Clyde Donovan),  et Praline-Menthe-Cerise (Bradley Biggle), afin d’affronter les forces du mal dirigées par le Professeur Chaos, la personnalité diabolique de Butters.

Aaaah South Park, c’est… hmmm… C’est incarner le nouveau trouduc de la ville, et potentiellement faire son coming-out transgenre dans le bureau du conseiller d’éducation. M’voyez. A la sortie, c’est se faire alpaguer par un pick-up rempli de rednecks qui n’ont que l’envie de souhaiter la bienvenue à « ÇA ». Ils n’avaient juste pas prévu que ça avait des pouvoirs d’artificiers. Car oui, après le trip fantasy what the fuck du précédent opus, South Park part dans le délire des super-héros des temps modernes. Nous allons donc construire notre feuille de personnage à partir de différents archétypes, ainsi qu’avec quelques caractéristiques acquises au fil de l’aventure : la race / ethnie, le sexe / genre, l’alignement, la religion, la source d’énergie, la Kryptonite, et le niveau économique. Exit les traditionnelles compétences (Force, Intelligence, etc…), ce que Cartman pourrait vous expliquer de manière très simple : c’est de la merde.

South Park, c’est rentrer dans une église pour s’engouffrer dans un local et se retrouver dans une pièce aux lumières éteintes, tandis que deux gentils prêtres font leur apparition pour mieux faire connaissance, et plus si affinités. C’est avec une lumière tamisée que l’agression commence ; l’un prépare une attaque de zone consistant à l’issue du tour en une séance de tripotage, tandis que l’autre curé se sort des boules de geisha du fion et se fouette avec, tout en se préparant à se ruer sur nous et en nous balançant des punchlines tout droit sorties des neufs enfers. Fort heureusement, grâce à des nouilles formant une étoile de David sur une feuille de papier, nous invoquons Moïse pour nous guérir des dégâts subits, et ainsi triompher des pédophiles en soutane. Pour la forme, on aura aussi repéré dans cette même pièce un dessin Yaoi accroché au mur.

Car oui, South Park, c’est aussi un jeu Ubisoft, et il fallait bien qu’il y ait un peu d’éléments de collecte. Heureusement, univers South Park oblige, un habitant de la ville chez qui on aura débarqué à l’improviste, roux de son état, nous chargera de la quête de récupération de ces affiches représentant des « formes d’art asiatique délicieusement modernes et extrêmement troublante appelée Yaoi ». On y suivra des scénettes de Tweek et Craig placardées sur les murs d’un peu toutes les maisons, du bureau du maire à celui du conseiller d’éducation, du journal du coin à la clinique d’avortement, des chambres d’ado à la maison de retraite, de la maison de Monsieur Esclave aux chiottes du bar du coin, etc… J’ai envie de dire qu’ils sont judicieusement placés, et que les découvrir m’a toujours fait taper de bonnes barres de rire.

South Park, c’est aussi côtoyer d’autres super-héros, dotés eux aussi de super-pouvoirs. L’éclopé a les pouvoirs de Flash, et le diabétique est berserk lorsqu’il boit son jus de pomme sucré (… jusqu’à ce qu’il se fasse sa piqûre d’insuline). Toutefois, un super-héros, quand bien même il dispose de pouvoirs fantastiques, a forcément une faiblesse, sa Kryptonite. Pour ma pomme, j’étais phobique des vieux, et la maison de retraite fut mon chemin de croix. Néanmoins, c’est un bien petit malus lorsqu’on a les pouvoirs d’un Exploseur Cyborg Élémentaliste. Ouais, pas moins. La ou les classes détermineront donc la palette de pouvoirs utilisables en combat ; le reste des éléments de la fiche de personnage, outre les artefacts, ne sont là que pour le fun.

A noter que, en ce qui concerne ces fameux artéfacts, il s’agit là encore d’un bricolage d’objets communs assemblés ensemble, et nommés avec un qualificatif qui résonne avec les univers de super-héros. Il existe des artefacts mineurs, majeurs, et légendaires. Nous pourrons crafter les mineurs et les majeurs via un système simple et dispensable, tandis que les légendaires se récupèreront au fil de l’aventure via des boss fight. Chaque artefact dispose d’un score de puissance, et la somme de tous ces scores déterminera notre puissance globale, certaines quêtes ayant un prérequis de niveau pour se déclencher. Par ailleurs, ils augmentent ou diminuent certaines statistiques liés à des coups en combat.

South Park, c’est aussi renouer avec des trips scatologiques où, par exemple, l’on pourra chier via un mini-jeu dans tous les chiottes de la ville. On pourrait tout aussi bien mentionner une des attaques spéciales des Sixièmes consistant à balancer un ballon préalablement rempli de pisse, ou bien encore les multiples et nombreuses références qui parsèment l’aventure. Tout cela sans oublier les pouvoirs de notre avatar, qui détient la puissance des pets temporels utilisables en et hors combats (… arrêter le temps, l’avancer, ou le reculer), tandis que la puissance de son cul lui permettra de résoudre des puzzles ; se relier un souffleur dans le fion, y tasser un super-hamster hacker, s’en servir comme un jetpack, ou bien encore péter au visage de Captain Diabète pour le rendre berserk. Morgan Freeman nous permettra d’ailleurs de maîtriser nos pouvoirs gastriques en ingérant de la bouffe épicée. Néanmoins, petit spoil : non, nous ne retournerons malgré tout pas dans le cul de Monsieur Esclave.

South Park, c’est aussi dénoncer la connerie par l’absurde et la satyre, et cela colle définitivement avec l’air du temps. Il n’aura échappé à personne que l’Amérique du Nord est régulièrement secouée par des relents xénophobes à l’encontre de la communauté noire. Ainsi, au démarrage de la partie, le choix du niveau de difficulté sera dépendant de la couleur de la peau ; blanc pour facile, et noir pour difficile. Un des succès du jeu s’intitule d’ailleurs « The Token Experience  » , afin de montrer que l’on a fini le jeu dans son plus haut niveau de difficulté. Il y a d’ailleurs toute une histoire avec la Police, une secte, des noirs, et une grosse bestiole qui m’a bien fait ricaner.

Évoluer dans South Park, c’est également combattre tout un ensemble de factions : les Sixièmes (… des jeunes bêtes et méchants en pleine puberté), les Rednecks (… qui sont contre tous ceux qui piquent le travail de ceux qui sont blancs, hétéros, et américains), les filles du Raisins (… des poufs superficielles), les Hommes-crabe vendeurs de forfaits mobile, les vieux de la maison de retraite, les troupes du Professeur Chaos, les Ninjas tueurs, et autres joyeusetés complètement what the fuck. Mention spéciale pour les Animaux de la forêt qui sont à mourir de rire ! Un mot également sur les invocations que nous pourrons récupérer afin de les utiliser en combat. On retrouve, comme dit précédemment, Moïse, qui va soigner tout notre groupe. On peut également faire appel à Ned et Jimbo, les frénétiques vendeurs du magasin de flingues, ou bien encore Classi, une prostituée avec un tatouage en forme de bite. Il en existe d’autres, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.

South Park, c’est évidemment aussi caricaturer la culture populaire, et le match de Marvel VS DC Comics est ainsi parodié à travers l’affrontement entre les Potes de la liberté contre le Coon et sa bande, le but de chacun étant de ringardiser la franchise concurrente. On y retrouve un semblant de clones des super-héros existants, et où chaque bande aura un masterplan pour développer sa propre franchise au cinéma, à travers une timeline de films et moult crossovers. Là encore, toutes les ficelles marketing de l’exploitation de ces licences sont cruellement mises à nue, grâce à une démonstration par l’absurde. Simple, mais diablement efficace.

En guise de parodie, les réseaux sociaux ne sont pas en reste, puisque nous pourrons utiliser Coonstagram qui, vous vous en douterez, est un pastiche d’Instagram ; il y a d’ailleurs tout un délire derrière les réseaux sociaux, mais là encore, je vous laisse découvrir cela. Quoi qu’il en soit, c’est grâce à Coonstagram que nous pourrons avoir plein de potes virtuels. Pour cela, rien de plus simple, il nous suffit de faire un selfie avec la personne en question pour qu’elle soit ajoutée dans notre réseau. C’est d’ailleurs via ce réseau que communique toute la ville de South Park. Certaines personnes n’accepteront toutefois que sous certaines conditions de devenir votre pote ; cela peut être à notre fiche de perso, ou bien à une quête que l’on doit accomplir.

Ce jeu a-t-il des défauts ? Évidemment, bien qu’il y en ait assez peu. On pourrait tout d’abord lui reprocher de n’avoir fait que modéliser la même ville que dans le précédent opus, mais d’un autre côté, dans le dessin animé, toute l’action s’est quasi-toujours déroulée dans South Park. Certains pourraient tout autant lui reprocher son côté too much dans son aspect scatophile bas du front, mais là encore, on est dans South Park. Ubisoft a en effet fait la seule chose qu’il y avait à faire pour cette licence : du fan-service. Il n’y avait pas grand chose à faire de plus, et je dois avouer préférer une aire de jeu limitée, pour peu qu’elle soit bien remplie, c’est à dire, sans une tonne de collectibles à la con, ni des espaces remplis avec du vide. Mon run a duré environ trente heures, et j’ai eu droit à un unique crash. Pour le reste, j’ai parfois observé quelques chutes de framerate pendant les combats. A la limite, le seul truc qui m’a réellement fait tiquer, c’est l’arrêt de bus qui permet d’accéder au store à DLC directement dans le jeu…

 

Alors, recommandable ? Eh bien ma conclusion va être relativement binaire : si vous aimez bien South Park, alors vous pouvez y jouer, sinon, il va vite vous gonfler. Pour ma part, j’ai envie de dire que ça troue l’cul !

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A propos de l'auteur : Toupilitou

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