Voodoo Vince Remastered

Voodoo Vince Remastered

Dans le rayon remastered, Voodoo Vince a surpris son monde. Il aurait en effet été difficile d’anticiper le retour de ce jeu de première génération de Xbox ; ce n’était certainement pas le premier titre qu’on aurait fait revenir. Le fait est que, désormais rarissime sur sa console d’origine, l’arrivée de ce remaster est particulièrement appréciée par les curieux. J’étais moi même curieux de voir ce qu’avait à proposer ce jeu de plateforme, qui n’a pas su à l’époque percer au point de devenir une référence, bien qu’il ait tout de même réussi à fédérer sa petite communauté. Poupée Vaudou, Bayou, et autres vous attendent dans Voodoo Vince !

 

Parlons du principal intérêt de cette édition, qui n’est pas son ravalement de façade. Voodoo Vince était devenu particulièrement cher sur la première Xbox et était une exclusivité, ce qui réduisait largement son public cible aujourd’hui. Désormais disponible sur Xbox One et Windows Store avec le play anywhere, il est aussi disponible sur Steam et on remercie Beep Games pour cette adorable attention. Fidèle à moi même, j’ai joué au jeu sur console, mais je l’ai aussi lancé sur Windows Store ; j’aurais une petite anecdote à faire partager à ce propos.

Alors, est-ce que le jeu fonctionne sur Windows Store ? Ça fait son petit effet lorsqu’on reprend la partie là où on l’a laissée sur console, mais avant cela, il faut télécharger une application Xbox, puis se connecter… et enfin lancer le jeu, puis finir le niveau dans lequel on se trouve. A la fin de celui-ci, le jeu plante et retour Windows, puis on relance et on se rend compte que notre sauvegarde n’existe plus. Quatre heures de jeux dans le vent… Appréciable.

Bon, pas la peine de vous dire que je ne toucherai plus au Windows Store avant un bout. Surtout que l’excuse de prévoir plusieurs sauvegardes à l’avance n’est pas possible en ce cas, alors on rage, et on insulte. On se dit que, décidément, Microsoft doit faire quelque chose avec leur store, parce qu’il commence à avoir un intérêt certain, et qu’il serait dommage de sacrifier toutes les ventes potentielles de très bon jeux à cause de l’instabilité technique d’un logiciel appartenant à une société qui ne jure que par le software. C’est dit.

Maintenant, est-ce que ce remaster n’est qu’une immense frustration ? Pas du tout. Le ravalement de façade est assuré par un framerate désormais capé à 60 images seconde, malheureusement assez instable (… un comble pour un jeu datant de deux générations), mais aussi une résolution native en 1080p. On aurait hurlé au meurtre si cela n’avait été que ça. Heureusement, les effets visuels ont été revus et embellis, tandis que les textures passent désormais mieux, sans être sublimes. On pourrait dire que c’est chiche (… et ça l’est assez), mais la Xbox première du nom était une machine très puissante, et Voodoo Vince, avec son style graphique et sa patte particulière, réussi à faire vieillir convenablement et son visuel et ses animations, notamment de Vince, qui est très attachant.

Ce qui surprend le plus avec ce remaster, c’est de pouvoir écouter la bande-son du titre retravaillée : du jazz, du blues, merde, ça pète la classe, ça accompagne à merveille l’univers du titre, c’est élégant, et je suis même sûr que Toupilitou ne couperait pas le son (… franchement, cet hérétique quoi !).  C’est une belle performance musicale et une proposition qui amène un sacré vent de fraîcheur. C’est à ce moment où on se rend compte que Microsoft laissait vraiment carte blanche côté créatif à cette époque. De même, si on signale l’excellence de la musique, on peut aussi saluer la performance des comédiens de doublage. Vince a une voix et un ton absolument irrésistibles, en même temps adorablement puéril mais avec un ton de sarcasme / blagueur du malaise, via cet humour caractéristique des années 80 (… pour un jeu des années 2000) ; cette insouciance naturelle des jeux de plateforme en 3D de ce temps est une vraie bonne chose en 2017.

Dommage, les bruitages ont mal vieilli. Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait pas non plus le même matos qu’aujourd’hui, et que retravailler l’intégralité des bruitages aurait certainement alourdi la facture finale de ce remaster, habilement calé à 15 euros. De quoi séduire les curieux. Voilà pour la partie des features ajoutées par ce remaster, traduit en français dans le texte si cela peut rassurer les anglophobes (… en même temps, comment veux-tu apprécier des gens qui mangent des saucisses le matin, aucun respect !). Après cela, Voodoo Vince Remastered est strictement identique à Voodoo Vince original : il propose une campagne solo uniquement qui vous prendra une quinzaine d’heures pour la complétion totale.

Que signaler ? Le level design a pris un sacré coup de vieux. Récolter des objets à foison peut paraître un artificiel moyen de sauter sur toutes les plateformes parfois mal foutues du titre ; on a parfois l’impression d’évoluer dans un bric à brac d’éléments de décor placés ici et là pour faire semblant de varier. Pourtant, Voodoo Vince recèle de quelques niveaux un peu plus travaillés, notamment vers son final. Le jeu n’est pas compliqué et laisse le joueur user et abuser de son gimmick : les pouvoirs vaudou. Vous pouvez vous infliger mille maux, et les ennemis dans un certain périmètre mourront tous. Malheureusement, l’effet de chaque sort n’a absolument aucune incidence mécanique ; si vous vous infligiez l’engloutissement d’une grenade ou un coup de marteau sur la tronche, les ennemis mourront de la même manière.

Aussi, Vince a le pouvoir, très commun à l’époque, de faire le double saut classique du genre, sans que celui-ci ne vienne se justifier. C’est un détail, mais même Recore venait le justifier, et ça fait toujours son petit effet de voir ce genre de finition. Or, ici, Vince, il s’en tape : saut, salto pour aller plus haut, et il emmerde la physique. Heureusement, Voodoo Vince est particulièrement décomplexé avec son humour violant parfois le quatrième mur. Le jeu alterne donc phases de plateforme classiques, phases plus variées avec un micro jeu musical, quelques énigmes, quelques boss assez simplistes, sauf le final qui offre une bonne dose de plateforme hardcore comme Recore aurait rêvé proposer.

Le plus gros problème de Vince, c’est sa lisibilité. Si les phases de plateforme importantes du scénario proposent une caméra fixe et intelligente, ce n’est pas le cas du reste. Difficile de jauger les distances avec une caméra 3D. C’est le Némésis de la plateforme, on rage beaucoup, d’autant que Voodoo Vince, c’est un nombre de vie limité ; tomber dans le vide, dans l’eau, ou dans un piège (alors que lancer un pouvoir où l’on se fait tronçonner nous donne un bonus… cohérence ludo-narrative, toussa) nous élimine instantanément. Et qu’on se mette d’accord : je suis pas une tanche en plateforme. Vince est juste parfois franchement frustrant.

Frustrant aussi par quelques objectifs un peu flous, avec quelques séquences aux pics de difficulté typiques des jeux de l’époque. Le tableau peut paraître loin d’être rose, mais sachez que j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer à Voodoo Vince, son humour bas de gamme qui m’a fait rire par sa naïveté, son univers Burtonien et quelques références bien tripantes, comme la tombe de Phil Spencer avec écrit « J’aurais dû financer cette putain de suite !  » . Vince m’a charmé, avec son bestiaire improbable bien marrant, et son histoire volontairement cliché et reprenant tous les codes du genre.

 

Loin d’être parfait, mais aussi très loin d’être mauvais, Voodoo Vince Remastered est certes un portage un peu bâclé, mais il est surtout la meilleure manière de découvrir un jeu attachant. Il pourra surement rappeler de superbes souvenirs à ceux qui ont eu le plaisir de le connaître, et faire découvrir un jeu de plateforme 3D méconnu à d’autres. Je le recommande à ceux qui regrettent l’époque où le jeu vidéo n’était pas si complexé et codifié, et même s’il n’est original que sur la forme, il reste un vrai sincère et bon jeu que l’on aimera faire et refaire, même si parfois, il est sacrément injuste.

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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